Exercice incontournable des études de droit, le cas pratique peut paraître simple en apparence. Des étapes à respecter, un ordre bien précis, un raisonnement logique… et le tour est joué !
Pourtant, en réalité, la résolution d’un cas pratique n’est pas si facile. Dans cet article, nous allons revenir sur la méthodologie du cas pratique, en mettant l’accent sur ce qu’on attend de vous réellement (le tout illustré avec un exercice corrigé !).
Qu’est-ce qu’un cas pratique ?
Avant de voir la méthode du cas pratique, encore faut-il comprendre ce qu’est un cas pratique.
Un cas pratique est une sorte de mise en situation.
Un énoncé vous est donné, avec des faits. À partir de ces faits, vous allez devoir déterminer la question juridique posée par le cas et résoudre la situation à l’aide de différentes règles juridiques (articles de loi, décrets, arrêtés, Constitution…).
Voilà comment l’énoncé d’un cas pratique se présente :
“Anissa WESHDENE, chanteuse de renom, et Justin RIADH, humoriste, se sont rencontrés sur les réseaux sociaux à l’occasion d’un live Instagram organisé par la jeune chanteuse. À l’heure actuelle, ils sont très amoureux et ont de nombreux projets pour l’avenir.
D’ailleurs, Anissa est aujourd’hui enceinte d’un enfant. Son accouchement est prévu pour la fin du mois de janvier 2026. L’enfant, qu’ils projettent d’appeler “Lucas”, a été reconnu par son père (Justin) le 3 décembre 2025 et par sa mère le 10 décembre 2025. Le couple, qui envisage de se marier l’année prochaine, s’interroge sur le nom de famille que va porter Lucas.
À noter : pour résoudre ce cas pratique, vous devez vous placer à la date du 1er janvier 2026.
Ainsi, dans l’exemple ci-dessus, la mise en situation concerne l’histoire d’un couple qui souhaite savoir quel sera le nom de leur futur enfant. Votre rôle sera de leur répondre en utilisant notamment des articles du Code civil.
(L’exercice est corrigé à la fin de l’article)
Les étapes du cas pratique
Le cas pratique est un exercice dont il faut respecter scrupuleusement les différentes étapes.
- Le cas pratique commence par un résumé des faits ✅
- Ensuite, il faut poser la question de droit ✅
- Enfin, il faut résoudre le cas pratique à l’aide d’un ou plusieurs syllogismes ✅
1re étape : le résumé des faits
Le résumé des faits est sans doute la partie la plus simple du cas pratique. Vous allez devoir, en quelques lignes, dire de quoi parle le cas.
Vous devez uniquement sélectionner les faits pertinents de votre énoncé.
Exemple : dans notre cas, les métiers d’Anissa et de Justin ne sont pas des informations pertinentes pour la résolution de notre cas. Le fait qu’ils se soient rencontrés sur Instagram non plus…En revanche, le fait qu’ils aient reconnu l’enfant est une donnée importante, au même titre que la date de la naissance envisagée.
Dans l’étape “résumé des faits”, certains professeurs exigent en outre une qualification juridique des faits.
La qualification juridique des faits, c’est le fait de traduire une situation concrète en termes juridiques. Concrètement, vous prenez des faits de la vie courante et vous les rangez dans des catégories de droit prévues par la loi.
Exemple :
- Faits : Anissa et Justin vivent ensemble sans être mariés.
- Qualification juridique : Il s’agit d’un concubinage.
2e étape : la question de droit
Après le résumé des faits, vous allez devoir poser la question de droit. C’est la question qui est implicitement (ou explicitement) posée par l’énoncé et à laquelle vous allez devoir répondre dans votre cas pratique.
La question de droit doit notamment être abstraite et générale. Concrètement, il ne doit y avoir aucune référence aux faits de votre cas.
Exemple : la question de droit “Quel va être le nom de famille de Lucas, futur fils d’ Anissa WESHDENE et Justin RIADH?” est-elle juste ? Non, car ici il y a une référence aux faits de votre énoncé (Lucas, Anissa, Justin…).
Dans notre exemple, une bonne question de droit pourrait être :
“Quel nom de famille doit-on attribuer à un enfant que les parents ont reconnu avant la naissance ?”
Il n’y a ici aucune référence aux faits de l’espèce (= faits de l’énoncé).
3e étape : la résolution du cas pratique à l’aide du syllogisme
C’est la partie la plus intéressante – et aussi la plus importante – de votre cas pratique. Après avoir rappelé les faits et posé la question de droit, vous devez résoudre le cas pratique à l’aide des règles de droit (Article de la Constitution ou du Code civil, lois, décrets, etc.).
Vous devez appliquer le syllogisme, qui est un raisonnement déductif en 3 étapes :
- Majeure : on pose une règle générale
- Mineure : on fait référence au cas
- Conclusion : on en tire une solution finale
Exemple :
- Toutes les femmes sont gentilles (Majeure).
- Or, Nathalie est une femme (Mineure).
- Donc, Nathalie est gentille (Conclusion).
En droit, le syllogisme fonctionne de la façon suivante :
- Majeure : vous devez indiquer la règle de droit. Il peut s’agir d’un article du Code civil, d’une autre loi, d’un décret, d’un arrêté, de la Constitution, de traités internationaux ou encore de la jurisprudence (décisions de justice).
Exemple : “Selon l’article 60 du Code civil, toute personne peut changer de prénom, à condition de démontrer un intérêt légitime.”
- Mineure : vous devez confronter votre règle de droit avec les faits de votre cas. Concrètement, vous devez vérifier que les faits correspondent à la situation visée par votre règle de droit. La mineure doit commencer par l’expression “En l’espèce” (qui signifie “Dans notre cas“).
Exemple : “En l’espèce, la fille de Bernard et Nathalie s’appelle “Clitorine”. Le fait de porter le prénom Clitorine peut constituer un intérêt légitime justifiant une demande de changement de prénom. En effet, ce prénom présente une connotation sexuelle explicite, directement associée à l’anatomie intime féminine, ce qui expose la personne qui le porte à des moqueries répétées, des humiliations et une atteinte à sa dignité, tant dans la vie scolaire que professionnelle et sociale.
Cette situation est de nature à provoquer une souffrance psychologique durable et à entraver l’intégration sociale normale de l’intéressée. Or, le droit reconnaît qu’un prénom devenu difficile à porter, ridicule ou stigmatisant peut fonder un intérêt légitime au sens de l’article 60 du Code civil.
Dès lors, la volonté de changer un tel prénom vise non pas une simple convenance personnelle, mais la protection de la personne et de son identité, ce qui justifie pleinement l’intervention de l’autorité compétente.“
- Conclusion : vous devez en tirer une solution finale et répondre à la question posée.
Par conséquent, Clitorine paraît pouvoir demander le changement de prénom sur le fondement de l’article 60 du Code civil en engageant une procédure auprès de l’officier d’état civil.
Correction du cas pratique
Pour rappel, voici l’énoncé :
“Anissa WESHDENE, chanteuse de renom, et Justin RIADH, humoriste, se sont rencontrés sur les réseaux sociaux à l’occasion d’un live Instagram organisé par la jeune chanteuse. À l’heure actuelle, ils sont très amoureux et ont de nombreux projets pour l’avenir.
D’ailleurs, Anissa est aujourd’hui enceinte d’un enfant. Son accouchement est prévu pour la fin du mois de janvier 2026. L’enfant, qu’ils projettent d’appeler “Lucas”, a été reconnu par son père (Justin) le 3 décembre 2025 et par sa mère le 10 décembre 2025. Le couple, qui envisage de se marier l’année prochaine, s’interroge sur le nom de famille que va porter Lucas.
À noter : pour résoudre ce cas pratique, vous devez vous placer à la date du 1er janvier 2026.
Résumé des faits
Anissa WESHDENE et Justin RIADH sont concubins. À la fin du mois de janvier 2026, Anissa va donner naissance à un enfant, Lucas. L’enfant a été reconnu par son père le 3 décembre 2025 et par sa mère le 10 décembre 2025 .
Question de droit
Quel nom de famille doit être dévolu à un enfant que les parents ont tous les deux reconnu avant la naissance ?
Résolution du cas pratique
Majeure : D’après l’article 311-21 du Code civil, « lorsque la filiation d’un enfant est établie à l’égard de ses deux parents au plus tard le jour de la déclaration de sa naissance ou par la suite mais simultanément, ces derniers choisissent le nom de famille qui lui est dévolu : soit le nom du père, soit le nom de la mère, soit leurs deux noms accolés dans l’ordre choisi par eux dans la limite d’un nom de famille pour chacun d’eux. »
Mineure : En l’espèce, du fait de la reconnaissance, Anissa et Justin sont les parents de Lucas. Justin a reconnu Lucas le 3 décembre 2025, donc avant sa naissance (prévue pour la fin janvier 2026). Anissa a reconnu Lucas le 10 décembre 2025, donc avant sa naissance. Dès lors, la filiation de Lucas a été établie à l’égard de ses 2 parents au plus tard le jour de la déclaration de naissance.
Conclusion : Par conséquent, Lucas pourra s’appeler Lucas RIADH (nom du père), Lucas WESHDENE (nom de la mère), Lucas RIADH WESHDENE (nom du père – nom de la mère) ou encore Lucas WESHDENE RIADH (nom de la mère – nom du père).
À noter : un syllogisme consacré à la filiation paternelle et un autre consacré à la filiation maternelle auraient pu être rédigés avant le syllogisme présenté. Chacun de ces syllogismes pouvait être fondé sur l’article 316 du Code civil, consacré à la reconnaissance, qui est l’un des modes d’établissement de la filiation.
Conclusion sur le cas pratique
Ainsi, pour réussir votre cas pratique, il est indispensable de respecter chacune de ces étapes : résumé des faits, question de droit et syllogisme(s).
Bien entendu, au début, il se peut que vous mettiez du temps à comprendre la logique du cas pratique. Mais une fois que c’est compris, ça va tout seul !
Enfin, un conseil pour terminer : n’oubliez pas d’aérer votre copie, en faisant des alinéas, en sautant des lignes, en écrivant lisiblement…
Ça vous semble bête mais ça joue dans votre notation ! 😉
L’astuce : les protocoles
Un protocole de cas pratique est une méthode toute faite, un schéma de raisonnement préétabli que l’on applique systématiquement pour résoudre un cas pratique, quelle que soit la matière.
Il sert de fil conducteur de votre syllogisme (majeure, mineure, conclusion).
L’objectif est d’éviter les oublis, de structurer la copie et de montrer au correcteur que le raisonnement juridique est maîtrisé.
Le protocole n’est pas une solution toute faite, mais un cadre dans lequel on insère les règles de droit et les faits du cas.
Pour en savoir plus :
- Mes protocoles de droit des contrats
- Mes protocoles de droit des biens
- Mes protocoles de responsabilité civile (à venir 🙂)


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