Réussir le Grand Oral du CRFPA : méthode et conseils

Avant le Grand Oral : mon état d’esprit

Une fois les épreuves écrites passées, j’ai commencé à stresser, notamment face à la quantité de connaissances à maîtriser et l’absence d’informations claires sur le déroulé du Grand Oral du CRFPA.

J’ai beaucoup lu les conseils de ma prépa afin de dédramatiser cette épreuve et accepter qu’on ne peut pas tout connaître.

Cela m’a permis de comprendre que l’épreuve ne se résume pas à un énorme contrôle de connaissances mais à une évaluation de multiples paramètres : l’attitude, la capacité à argumenter et rebondir, l’éloquence, etc,…

En toute honnêteté, le stress est resté constant mais j’avais le sentiment de mieux appréhender le format de l’épreuve et ses attentes.

Ma préparation : méthode et choix personnels

Comment ai-je organisé ma préparation ?

Ma préparation s’est organisée selon mes dates de passage. À mon sens, c’est un point primordial. Les résultats d’admissibilité ne sont publiés que quelques jours avant les oraux. Pour 2025, nous avons eu les résultats le 22 octobre, tandis que les oraux débutaient le 3 novembre.

L’ordre de passage est déterminé par le tirage au sort d’une lettre.

Cette année-là, à l’IEJ d’Assas,la lettre tirée était le H. Ayant un nom de famille commençant par K, je savais donc que je passerai parmi les premiers. Dès la fin des écrits, j’avais donc organisé mon planning en partant de l’idée que je passerai la première semaine de novembre.

Après les écrits, je me suis accordée deux bonnes semaines de repos avant d’attaquer les révisions du Grand Oral. Je pense que c’est essentiel pour reposer le cerveau (et le corps !) afin de bien entamer la seconde phase.

Il est indispensable de commencer les révisions avant les résultats des écrits. Cela peut être compliqué à gérer car on se prépare sans aucune certitude d’aller à l’oral. C’est déstabilisant mais c’est essentiel.

Ayant choisi de passer le CRFPA après mon Master 2, je n’avais aucun cours en parallèle, ce qui m’a permis d’étaler mes révisions.

Quelle a été ma méthode de révisions ?

J’ai fait le choix de suivre les cours d’une prépa privée qui fournissait différents polycopiés traitant des libertés fondamentales.

N.B. : Faites attention à bien vous renseigner sur le contenu proposé par votre prépa. Certaines prépas sont parfaitement adaptées pour les écrits mais ne proposent que peu de contenu pour le Grand Oral du CRFPA…

J’avais donc deux polycopiés à disposition, un traitant de la théorie générale, un autre des libertés et de leur régime juridique.

Pour chaque thème, j’ai réalisé une fiche contenant : définition, sources clés, jurisprudence importante, actualités,…

Qu’ai-je privilégié en priorité ?

Sortant d’un master en droit international et ayant choisi cette spécialité au CRFPA, j’ai passé moins de temps sur cette partie.

J’ai surtout travaillé le volet pénal, particulièrement dense, et considéré comme un sujet privilégié par le jury.

Se préparer au Grand Oral du CRFPA… comme un oral

Comment me suis-je entraînée ?

J’ai poursuivi ma méthode habituelle : réviser à voix haute.

Pour me mettre dans les dispositions de l’oral, je mettais un chronomètre afin de correspondre aux 15 minutes demandées pour l’exposé-discussion.

Pour la partie questions, je me suis aidée de différents sites et supports qui proposaient des listes de questions-type.

De plus, j’ai réalisé une simulation avec ma prépa.

J’ai complètement raté la simulation, que ce soit la partie exposé ou la partie questions. L’examinateur m’a dit qu’il y avait de nombreux points à améliorer. C’était trois jours avant mon réel passage…

Au départ, ça m’a juste démoralisée puis je me suis dit que je ne pouvais pas faire pire et j’ai travaillé tous les points évoqués.

Par exemple, j’avais une tendance à répondre aux questions comme si j’étais dans Questions pour un Champion, sans prendre le temps d’argumenter ou de donner un exemple.

Finalement, cette simulation a été plus qu’utile. Sans dire que j’ai adoré passer mon oral, je n’ai pas du tout subi les questions. Ça a été plutôt agréable. J’ai même ri avec mon jury.

Ai-je préparé des phrases ou réflexes “de secours” ?

J’avais « répété » ce que je devais dire au moment d’entrer dans la salle et de sortir. Ça ne prend pas longtemps et ça évite un stress en plus au moment d’entrer dans la pièce !

Sur la partie questions, je connaissais par cœur certaines personnalités comme le président de la

Cour européenne des Droits de l’Homme, le bâtonnier de Paris ou encore le Président du Sénat. Je n’ai eu aucune question dessus mais si ça avait été le cas, c’étaient des points facilement gagnés.

Le jour J : le déroulé réel de l’épreuve du Grand Oral du CRFPA

Lors de ma préparation, j’ai compris que je ne tiendrai jamais les quinze minutes requises.

C’est ce qui s’est passé. J’ai tenu dix minutes et j’étais très déçue de ce que je proposais. Au départ, je n’avais que ça en tête et au fil des questions je n’y pensais plus. Je pense qu’il faut se ressaisir tout de suite, que ce soit après un exposé mitigé ou une question ratée, afin de ne pas s’effondrer en plein oral. La preuve, ma phase de questions s’est très bien déroulée.

Au final, j’ai eu 18 au Grand Oral.

Y a-t-il une part de chance au Grand Oral ?

Sincèrement, je pense que oui.

Certains jurys du Grand Oral du CRFPA peuvent être particulièrement désagréables tandis que d’autres sont très bienveillants. On peut également tomber sur un sujet qu’on maîtrise parfaitement comme un sujet qui ne nous évoque rien.

Cependant, il ne faut pas s’en remettre à la chance. Il y en a, comme dans tout examen. L’idéal est de se préparer au mieux pour laisser le moins de place au hasard.

Capucine KIEKEN

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